Combo Millénium : « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes. »

Part 1

millénium1

« Les hommes qui n’aimaient pas les femmes. »

Stieg Larsson

Ed. Actes Sud, 576 pages, 22,80€.

Stockholm, suède, temps moderne. Mikael Blomkvist, journaliste économique, co-fondateur du mensuel « Millénium », est accusé et jugé coupable de diffamation envers un « géant » de la finance : premier évènement majeur. Henrik Vanger, un ancien monarque industriel régnant que la Suède quelques décennies auparavant, le contacte pour lui proposer un travail d’investigation sur sa famille : deuxième évènement notable. Cela concerne sa nièce, Harriet Vanger, qui a disparu depuis près de quarante ans, et son oncle est persuadé qu’un criminel se cache parmi sa grande famille. Super Blomkvist, sceptique dès le départ va finalement faire des miracle et ré-ouvrir un passé que certains Vanger préfèreraient ignorer. Il fera appel à Lisbeth Salander, un as de l’enquête sur la personne pour avancer plus vite dans cette affaire sans dessus-dessous : la rencontre des deux héros constitue le troisième évènement incontournable du livre.

Voilà ce que nous apprend à peu près la quatrième de couverture.

Mais la lecture débute dans une mouvance assez lente. Les descriptions sont nombreuses, et près de 300 pages sont nécessaires pour rentrer enfin dans le vif du sujet : l’enquête sur la disparition de Harriet Vanger. Mais ces 300 et quelques pages ne sont ni futiles ni lourdes, on déguste la lente avancée en palpitant par avance du suspens qui nous attendant plus loin. On sent comme une machine se mettant doucement en marche, ca ronronne, ca donne quelques à coups, ca ralentit encore.. et on est parti!

Et là, on part loin.

Larsson nous noie presque dans un jargon journalistique, financier, un jargon suédois (les noms des personnage, les lieux, les petites références à des famous suédois.. et j’en passe), et on aime. Non, on ne se permet pas de se dire : « Vas-y mec, accélère, elle va où ton histoire? », car on est finalement déjà dedans.

Appréciez la division des chapitres selon les jours qui se succèdent et non forcément selon les personnages ou les histoires différentes. Sans prévenir, parfois, l’auteur alterne de sujets, d’endroits. Mais faut pas abuser, les personnages ne sont pas si nombreux, et dire que l’on pourrait de perdre dans ce fatras serait mentir. C’est juste le schéma de la vie : les jours passent, et selon l’endroit et qui l’on est, le paysage se transforme.

On peut classer cette oeuvre comme étant un policier, mais alors bien particulier, le policier. Effectivement, l’auteur ne s’empresse pas de rentrer dans l’intrigue principale de l’histoire. Et d’ailleurs, qu’est-ce? Harriet Vanger? Ou plutôt la relation Super Blomkvist – Fifi Brindacier (Lisbeth, de son mètre cinquante est, comme Fifi, capable de vous renverser un camion.. ou presque). Et qui est l’acteur principal? Blomkvist, oui, selon les formes. Mais au fond, ne cherche-t-on pas toujours la petite bête Salander? Ou peut-être parce que je suis une femme, je m’y identifie plus facilement? J’en doute. Le mystère qui entoure cette « petite » est si épais mais si attirant, que même les hommes sont à même se sentir la même chose.

Le plus plaisant : la fin. Nette et sans bavure, tel un sabre japonais détachant avec précision et rapidité la nuque du tronc, sans bruit. Le dénouement « Harriet Vanger est extravagant, bien entendu, mais rien n’est laissé au hasard, et ca se tient. Un autre plaisir : Lisbeth Salander (encore elle?). Je trouve que son personnage reste tel qu’il devrait être. Larsson ne la fait jamais dériver. Elle ne se fait pas influencer ni par l’histoire, ni par les personnages. Évidemment, elle évolue, mais toujours en suivant sa propre personnalité. Et faire en sorte qu’un des héro ne dérive pas au point d’être ridicule, quand ce héro a un caractère de merde, ca doit être dur.

Un dernier point de réflexion : le titre et la couverture.

[Attention SPOILER] « Les hommes » qui n’aimaient pas les femmes, c’est forcément Martin et son père, qui tuaient des femmes « pècheresses ». Mais dans le sens large des hommes qui n’aiment pas les femmes jusqu’au point de ne pas les respecter ca inclue aussi maître Bjurman, le tuteur de Lisbeth. Lors des viols de Lisbeth, les scènes sont crues et le démontre bien.

La couverture, qui désigne-t-elle? Salander dans son enfance? Elle est brune, elle a l’air un chouïa triste (car seule) un chouïa dangereuse. Ou Harriet Vanger? Mystérieuse, et surtout dans son corps d’enfant?

En tout cas, jamais une aventure de 600 pages ne m’a parue si longue mais si trépidante! Le tintouin commercial m’a fait m’éloigner de ce roman, mais la curiosité a été plus forte, et je ne voulais que jeter un rapide coup d’œil avant de descendre ce roman. Mais la conquête est parfaite. Larsson, je suis tienne!

Stieg Larsson, qui voulait publier sa trilogie pour assurer la fin de ses jours, aurait vu son rêve se réaliser. La saga Millénium est un boom commercial, mais détonnant.

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2 réflexions sur “Combo Millénium : « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes. »

  1. Je suis ravie de te retrouver sur la blogosphère, et de voir que tu ne m’as pas oubliée :)
    En ce qui concerne ce livre (ou plutôt cette trilogie), elle m’a été conseillée par un grand nombre de personnes, mais je ne pense pas que je la lirai avant un long moment.

  2. J’ai lu que le premier tome de Millénium. Et malgré un début lent quand c’est parti, c’est parti !
    Pour moi, « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes » sont le père et fils Vanger, mais ça va plus loin.
    En tout cas, ça reste une lecture trépidante ; malgré que le policier n’est pas mon genre favori.

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