« Une gourmandise » de Muriel Barbery, élu meilleur livre de littérature gourmande en 2000.

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« Une gourmandise »

Muriel Barbery

Ed. Folio, 166 pages, 5€

Deuxième roman lu de Muriel Barbery. Juste après « L’élégance du hérisson », j’avais eu peur d’être déçue, de tomber de mon nuage d’admiration. Surtout la breveté du livre qui m’a freiné un peu au début.

Mais bon, je saurai jamais si je ne le lis, me suis-je dis [auto-persuasion très efficace chez moi].

Certes, il est court, et je ne suis pas fana de modèle réduit, mais, l’écriture reste à peu près même que dans le hérisson. Fluide mais un peu élitiste, quelques mots inconnus par-ci par-là, et une prose de poète.

Sa manière de décrire le pain, ou la mayonnaise, c’est du vécu pur et dur, et c’est facile, car le lecteur peut se reporter aussi à ses propres souvenirs. C’est cela qui nous rapproche du personnage principal, qui sans ca serait vraiment dans un monde différent du notre.

Ce bref récit raconte la quête d’un goût oublié, mené par un des plus grand palais de la gastronomie. Plus qu’une quête c’est l’introspection d’un homme, sur sa vie, sa jeunesse, et l’auteur y mêle le jugement extérieur, froid d’autrui connaissant l’homme. C’est dur, c’est rêche, c’est comme du pain dur et de l’eau. Mais on sent, on sait que c’est vrai, mais l’homme en fin de vie nous semble proche, par son amour des bonnes choses.

Mais son récit de recherche au travers ses mémoires s’entrecoupent par les présences intempestives des autres, des témoignages brefs, un peu acide, nombreux. Et parfois on a du mal à retrouver qui parle et quelle relation le personnage a entretenu avec l’acteur principal. Mais la vie d’un homme est connu selon de nombreux point de vue, vrai pour chacun de nous, véridique dans chacun de ses angles.

On retrouve quelques personnage du hérisson, et le même lieu. Rue grenelle, Renée la concierge, Gégène le sans-abri. On retrouve aussi des chats, des histoires de sushis, des préférences de vocabulaires ( des pati-sseries, plutôt que des gâteaux ) .

Et la même morale sur l’amour de la vie.

Pouvoir finir et mourir en réussissant à être enfin sincère et honnête envers soi-même.

Quelques extraits :

(p.13) « J’ai tant reproché aux autres d’en manquer dans leur cuisine, dans leur art, que je n’ai jamais pensé que c’était peut-être à moi qu’il faisait défaut, ce cœur qui me trahit si brutalement, avec un dédain à peine dissimulé.. »

(p.52) « Le calvaire, ce n’est pas de quitter ceux qui vous aiment, c’est de se détacher de ceux qui ne vous aiment pas. »

(p.60) : la tomate. « La tomate crue, dévorée dans le jardin sitôt récoltée, c’est la corne d’abondance des sensations simples, une cascade qui essaime dans la bouche et en réunit tous les plaisirs. La résistance de la peau tendue, juste un peu, juste assez, le fondant des tissus, de cette liqueur pépineuse qui s’écoule au coin des lèvres et qu’on essuie sans crainte d’en tacher ses doigts, cette petite boule charnue qui déverse en nous des torrents de nature : voilà la tomate, voilà l’aventure.« 

Je trouve ce passage sur la tomate, tellement exquise, tellement réussi. Et j’espère que vous en avez comme moi, l’eau à la bouche!

Muriel

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2 réflexions sur “« Une gourmandise » de Muriel Barbery, élu meilleur livre de littérature gourmande en 2000.

  1. C’est vrai que l’extrait que tu as choisi est très bon : je n’aime pas les tomates, mais ça me donnerait presque envie de les regoûter !
    J’avais déjà vu ce livre en librairie sans jamais prendre le temps de regarder de quoi il parlait, me voilà renseignée. J’ai beaucoup d’autres livres à lire avant (comme toujours tu me diras), mais un jour je me laisserai sûrement tenter !

  2. Je crois avoir eu un peu de mal avec « L’élégance du hérisson ».
    Le passage sur la tomate est délicieux, je me laisse tenter dès que je le trouve !

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