2. Le joueur d’échecs de Stefan Zweig

4/14 du Challenge Livraddict 2010

Résumé du livre :

L’histoire se déroule sur un paquebot allant de New York à Buenos-Aires au environ des années 1940. Le narrateur, un autrichien, est un amateur en jeu d’échecs, ce Roi des jeux qu’on il est dit si souvent. Cela tombe bien : Czentovic, le champion du monde d’échecs est à bord, en route pour un tournoi. Le narrateur, ayant envie d’en savoir plus sur cette célèbre figure, provoque donc la curiosité de ce dernier, en jouant ouvertement aux échecs, dans la salle de restauration. Ainsi attiré, Czentovic se fera prendre dans les mailles, et, payé pour jouer, il s’attablera devant ses messieurs les amateurs pour une soirée.

Un inconnu fait alors son apparition, de manière tout à fait inattendu, sauvant l’un des joueurs à sa perte assurée. Cet homme ayant l’air timide et vieilli trop vite, sera-t-il plus fort que le champion? Mais qui est-il?

Mon avis :

  • Zweig nous sert ici sa dernière œuvre avant son suicide en 1942.
  • Tout comme dans d’autres de ses romans, il est question de monomanie (passion fulgurante pour quelque chose qui devient totalement addictif et malsain).  Il place ce cas psychologique au milieu d’une trame assez calme et simple (traversée en bateau), tout en faisant allusion au nazisme (la vie de l’inconnu).
  • Sa manière de mélanger les contextes, et faire des retours chronologiques est caractéristique et plaisante. C’est peu fréquent, toujours quand c’est opportun, et cela nous permet de connaitre beaucoup plus en profondeur un des personnages, souvent important.
  • Ce récit est bref, se lit très vite (95 pages!), et pourtant beaucoup d’éléments psychologiques peuvent être développés. L’histoire ne contient pas seulement un fait, mais une multitude de perspectives.
  • Il y a, c’est vrai, une touche assez forte de mélancolie, de tristesse (une larme!), et on voit bien le monde manichéen que l’auteur essaie de créer, mais malgré cette ensemble, quelque chose de faiblement positif ressort de cette nouvelle.

Extraits :

Certes, je comprenais dans le principe qu’un jeu si particulier, si génial, pût susciter une sorte de matadors, mais comment concevoir la vie d’une tintelligence tout entière réduite à cet étroit parcours, uniquement occupée à faire avancer et reculer trente-deux pièces sur des carreaux noirs et blancs, engageant dans ce va-et-vient toute la gloire de sa vie! Comment s’imaginer un homme qui considère déjà comme un exploit le fait d’ouvrir le jeu avec le cavalier plutôt qu’avec un simple pion, et qui inscrit sa pauvre petite part d’immortalité au coin d’un livre consacré aux échecs – un homme donc, un homme doué d’intelligence, qui puisse, sans devenir fou, et pendant dix, vingt, trente, quarante ans, tendre de toute la force de la pensée vers ce but ridicule : acculer un roi de bois dans l’angle d’une planchette!

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