6. Le papillon des étoiles de Bernard Werber : la fuite.

1/26 du Challenge ABC 2010

Résumé :

Yves Kramer, ingénieur spatial, commence une nouvelle histoire le jour où, par inadvertance, il assissaine les jambes d’Elizabeth Malory avec sa voiture. Effectivement, suite à cette accident, et à la haine que lui porte Elizabeth, la ex-skippeur mondiale, Yves va se plonger dans son travail. Il retrouve un vieux dossier de son père, Jules, mais par une poussée de génie, va pouvoir trouver ce qui manquait à ce projet.

Poussé par le milliardaire Gabriel Mac Namarra, il va concrétiser son rêve fou de construire un navire spatial de 32 km de long porté par 2 ailes, ayant chacune la taille d’un petit continent. Voyant les terriens enfoncer le clou de plus en plus, en détruisant leur berceau natal, Yves est persuadé que le dernier espoir est la fuite : être un spermatozoïde de l’espace pour replanter la vie humaine autre part, et tout recommencer, pour aboutir à quelque chose de différent : la paix.

Et voilà l’équipe de choc plus 144 000 papilloniens partis pour une escapade de 1000 ans, jusqu’à la planète finale qui accueillera ce qui reste d’humanité…

Mon avis :

  • Ma première lecture avait été dévorante et donc très rapide.. Mais elle datait déjà de plus de 7 mois, je me suis donc lancée das une relecture pour pouvoir vous en parler plus en détails, les évènements encore fraichement dans ma mémoire.
  • Vous, qui êtes habitués à l’écriture de Werber, vous ne retrouverez pas vos chers pasages entrecoupés d’énoncés scientifiques, et vous n’assisterez pas à 2 histoires entremêmées. Il n’y a qu’un seul récit.
  • Mais le projet est toujours le même : nous émerveillez et nous proposer un autre univers. Nous pousser à ouvrir les yeux,e t à essayer de changer pour le meilleur?
  • Le sous-titre m’avait choqué : « Le dernier espoir, c’est la fuite ». Mais c’est lâche la fuite, me suis-je dis! Et Yves Kramer répond bien à ca, en expliquant dans un passage, que quand on en vient à constater que les terriens en sont loin, loin dans la destruction, et que plus rien ne peut être sauver, il est plus intelligent de partir autre part, pour essayer de recréer l’humanité.
  • Mais cette aventure, où mènera-t-elle? La fin m’a quand même un peu déçu. A partir de la fin de la 2e partie (le livre de sépare en 3 parties), on est presque décroché de force de ce monde crée (et renforcé par notre imagination), et le retournement de situation est brutal. L’enchaînement des évènement (de l’an 70 à l’an 1200) est presque bâclé. L’arrivée sur la planète, passe encore, mais ce qui suit est trop caricaturé.
  • Notez quand même la dernière idée forte du roman : et si, tout ce qui nous était raconté (religion, et pourquoi pas, ce roman même) était en fait l’histoire non pas du futur, mais du passé? Malheureusement, cette idée n’est aps plus exploré en avant..
  • Bref, ce roman se lit, c’est indéniable, et on y prend même du plaisir, mais ca n’a rien à voir avec les premiers romans comme Les fourmis, ou les Thanatonautes.

Extraits :

Quand je me vois dans la glace j’ai peur, quand je vois comment sont les autres cela me rassure.

Il eut aussi une étrange sensation, comme si le monde extérieur n’était que le reflet de ses émotions intérieurs.

[Speech de Gabriel Mac Namarra devant la presse] Je ne vous parle pas du respect de vos privilèges acquis empiriquement sur l’exploitation de la peur, de la superstition et de la bêtise. Je ne vous parle pas de vos traditions qui consistent à répéter des comportements inefficaces, nocifs ou dangereux au seul prétexte que vos parents faisaient pareil. Je vous parle de la survie de l’espèce humain. Être intelligent, c’est ne pas répéter les même erreurs. Être conscient, c’est ne pas céder aux pressions pour faire plaisirs à la majorité qui est forcément toujours ancrée dans un consensus mou.

Si vous aimiez vos enfants, si vous aviez un projet pour les générations futures, est-ce que vous souilleriez aussi facilement l’air et l’eau? […] Laissez-moi accomplir un petit quelque chose de constructif dans mon coin pendant que vous semez le pire aux yeux de tous.

– Vous poserez quelle question avant de vous couchez ce soir? demanda Yves Kramer.

-Je ne sais pas encore. J’accomplis un autre travail avant de poser la question. J’examine ma journée. Je m’efforce de voir où je me suis trompé, et en pensée j’essaie de rectifier mes erreurs du jour. Alors la question m’apparaît.

-Réparer les erreurs? Mais le soir il est trop tard, les erreurs de la journée sont déjà réalisées.

Gabriel sourit, énigmatique.

-Non, il n’est jamais trop tard. On peut nettoyer « après ». Nous pouvons enlever les insultes reçues ou proférées. Nous pouvons gommer les erreurs de choix. […]

-La pensée plus forte que le temps et l’espace?

-Je le crois, oui.

Une fois de plus le facteur humain venait tout perturber.

-Nous sommes ,és à la pire époque. Jamais il n’y a eu autant de violence, de maladies, de détérioration de l’environnement.

Elle haussa les épaules.

-C’est ce qu’on dû penser les gens de toutes les époques. Tu crois que dans le passé, quand il y avait la peste, le choléra, les guerres mondiales, l’esclavage, les gens ne pensaient pas ça? Â chaque génération on croit que c’était mieux avant et que ce sera mieux après. Mais peut-être que finalement c’est toujours pareil. C’est juste que nous sommes mieux informés, alors ça nous épouvante. Il faut garder la tête froide.

-Elle a les mains fermées et crispées, remarqua Yves.

-Nous naissons tous les mains serrées et crispées, dit Gabriel Mac Namarra, venu assister avec les autres à la présentation du nouveau-né.

-Et on meurt les mains ouvertes et décrispées, compléta Caroline.

-Pourquoi?

-Parce qu’on est libéré de la lutte qui nous a fait naître et nous battre pendant quatre-vingt-dix ans.

Publicités

2 réflexions sur “6. Le papillon des étoiles de Bernard Werber : la fuite.

  1. « ce roman se lit, c’est indéniable, et on y prend même du plaisir, mais ca n’a rien à voir avec les premiers romans comme Les fourmis, ou les Thanatonautes. » => ça résume bien ce que je pense de ce livre.

  2. je suis très passionné par les romans de la renaissance, de la littérature africaine, et également je fais d’une bouchée les romans pour tirer l’essentiel en termes de récit, de style syntaxique. mais ce roman, papillons des étoiles, je l’ai lu deux fois, et ça ne sera pas la dernière.
    j’ai trouvée l’idée passionnante et imaginative. la conviction qui anime Yves kramer et la foi qu’a Marc Namara en lui sont inexplicables. tout au long du récit, le désespoir, le regret, la compassion, l’amertume, l’espoir.
    sans faire rire, aucun scientifique ne mettra en cause la faisabilité logique de ce projet: du navire, du voyage spatial, de la planète lointaine, de la reproduction humaine.
    je vous demande: »et si réellement ce qui fut arrivé pour la terre, ce récit ne décrit-il pas l’ascendance des humains sur terre? »
    pour finir je reprend ceci: »le dernier espoir c’est la fuite, mais on ne peut pas éternellement fuir »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s