7. Le voyageur imprudent de René Barjavel : continuons dans la SF

2/26 du Challenge ABC 2010

Résumé :

Pierre Saint Menoux fait parti du 27e bataillon des chasseurs pyrénéens qui occupaient depuis 2 mois le village de Vanesse, en 1940. Mais avant d’être soldat, il était professeur de mathématique, et chercheur. C’est à Tremplin-le-Haut, un soir où son régiment attendait le convoi des voitures pour partir, qu’il rencontre par hasard Noël Essaillon, un physicien chimiste et sa fille Annette, qui l’attendaient avec impatience.

Essaillon a l’ambition de transformer l’humanité en remontant dans le temps et faire en sorte de déraciner la cause du malheur de tous les hommes. Il réussit à fabriquer la noëlite, un mélange permettant de traverser le temps, aussi bien en avant qu’en arrière, sans pesanteur.

Parce qu’il est handicapé, cloué dans un fauteuil, il demande à Saint Menoux de devenir son assistant, et lui donne une pilule qui le fera avancer de 2 ans dans le futur, après la fin de la guerre, pour qu’ils puissent commencer leurs expériences.

C’est ainsi que Pierre se retrouve en un instant un 21 février 1942, dans un petit appartement dans Paris, avec la sensation bizarre de se souvenir d’évènements qu’il est censé avoir vécu durant ses 2 ans-éclairs..

Mon avis?

  • Wow! Ça c’est de la science fiction! Je ne suis pas fana du genre, je ne suis jamais tombé sur un livre SF qui m’est transporté. Malgré des débuts prometteurs, j’ai toujours trouvé qu’à un moment, le tout allait trop loin, plus loin que la logique et je décrochais bien vite. Mais bon, Barjavel m’a déjà soumis quelques très bon livre, je voulais bien tenter le coup avec celui-ci.  Et bien, je suis ravie, conquise, ébahie! C’est sûr, ca fait toujours un peu bizarre, de le suivre dans des épisodes un peu biscornue, mais le personnage de Saint Menoux est tellement réaliste et attachant par son caractère un peu simple mais touchant que ce qui pourrait être considérer comme un élément trop fantasque nous parait plausible. Et pourquoi pas? On voit bien que le but n’est pas d’imaginer notre monde dans 500 000 ans, mais qu’il se trouve dans le présent, dans le sentiment de Pierre, dans la réalité de Noël.
  • Les descriptions des scènes qui se passe dans le Me siècle sont extra! Barjavel recrée un autre monde, et repense aussi à une autre évolution, une autre hiérarchie : une autre philosophie. Je trouve qu’il a exploité pas mal de bons sujets de reflexions, d’ailleurs la dernière partie « POST-SCRIPTUM : To be and Not to be » le démontre.
  • La fin est un chouïa attendu, mais étonnante, subtile! Je préfère les fins nettes à celles qui sont ouvertes, et de préférence celles qui se finissent plutôt bien (bon peut-être pas les happy end à l’américaine).. Mais là, entre chien et loup, assez ouverte sur le destin de Saint Menoux, ca m’a plu.
  • Donc vous, qui n’êtes pas trop SF, tentez le coup, et dites-moi si ca n’est pas de la bonne écriture!

Extraits?

Nous autres savants ne devons pas montrer trop de sensiblerie. Qu’est-ce que la mort de quelques milliers d’hommes, quand on travaille au bonheur de l’humanité entière?

Ce fut une catastrophe. Neuf hommes sur dix moururent. Cela se fit beaucoup plus vite et plus efficacement qu’au cours des guerres les plus perfectionnées. Les survivants, je pus bientôt m’en assurer, disposèrent d’une force nouvelle, issue de leur cerveau. […] Certains indices m’inclinent […] à croire que l’énergie nouvelle existe déjà de nos jours. Mais nous ignorons son existence et négligeons de la découvrir : la puissance de nos machines nous suffit.

Je n’oublie pas que mes explorations n’ont d’autre but que de découvrir le secret du bonheur, sinon pour l’homme, dumoins pour les hommes. L’ont-ils enfin trouvé? Il est certain qu’ils ne sont pas malheureux. C’est déjà beaucoup. Sont-ils heureux? Je ne peux résoudre ce problème avant de savoir s’ils connaissent l’amour.

Quelle différence profonde existe-t-il entre la ronde des petits mâles autour de la reine, et le quadrille que les hommes de notre siècle dansent avec les femmes nos contemporaines? La nécessité puissante de la reproduction les meut comme des pantins. Ils se croient libres, chantent l’amour, et les yeux et l’âme de leur bien-aimée. Et la loi de l’espèce les mène par le bout du sexe. Tristan, Roméo sont de simples porte-graine. Ils ont mission de la déposer dans le terrain qui l’attend et qui est toujours le même, qu’il se nomme Iseult ou Juliette. Le reste est littérature.

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