10. Kitchen de Banana Yoshimoto

Sur les conseils de Mélanie..

Résumé :

Mikage Sakurai a à peine 20 ans, à la mort de sa grand-mère. Ses parents étant décédés très tôt, elle vivait avec sa seule grand-mère qui lui servait de famille. Livrée à elle-même, elle ne trouve du réconfort qu’auprès de son frigo, son bruit ronronnant, et l’environnement chaleureux que délivre sa cuisine (malgré un sol vert abominable!).

C’est donc dans cette période d’enfoncement que surgit dans sa vie Yuïchi  Tanabe, un jeune garçon de son âge, que sa grand-mère affectionnait. Elle qui achetait des fleurs 2 fois par semaine, l’avait connu chez son fleuriste, et depuis, se parlait de temps à autre. Yuïchi « pop » donc un jour, pour proposer à Mikage de venir habiter chez lui, avec sa mère.

Et c’est avec un naturel déroutant que Mikage accepte cette proposition qui vient à pic. Dans ce désespoir flou, elle ne se raccroche à rien d’autre qu’à la vie, et à son cours.

Dans ce nouveau volet de vie (titré Kitchen 2), elle découvre une femme étonnante de dynamisme et de gentillesse, Eriko. Mère, et père de Yuïchi, cette dernière rayonne auprès des deux enfants, qu’elle aime et couve passionnément.

Mais la vie est un cours, et tout n’est pas que rose, même quand on pense avoir touché le fond..

Moonlight Shadow :

La petite nouvelle qui suit « Kitchen », sur le même thème de la perte et de la solitude. encore plus japonais, me suis-je dit, avec des personnages encore plus fantomatiques (Urara – prénom quelques fois utilisé dans les histoires à faire peur), du mystique en-veux-tu-en-voilà, mais toujours une espèce de connivence, d’union du vivant face aux évènements de la vie.

J’ai eu la forte impression que c’était là le trait principal de cet auteur : montrer que l’optimisme doit venir du vivant et non de la vie elle-même, qui n’est que la vie, ni bonne ni mauvaise, juste un cours qui suit, et qui ne s’arrête pas aux solitudes et aux tristesses.

Mon avis :

C’est la première fois que je lis un livre en me disant au départ que je me lance parce que c’est un coup de coeur de quelqu’un (que j’estime être de bon conseil). Jusqu’à maintenant, j’ai toujours aimé lire les livres qui avaient tendance à être critiqués négativement, pour me faire mon propre avis, pour essayer d’attraper ce qui avait été omis par d’autres etc..

J’ai donc été entrainé dans cette aventure, et peur-être que la circonstance et les motivations de lectures jouent quelque part sur les impressions qu’on tire après coups d’une lecture..

Court bémol sur quelques termes utilisés : j’aurai voulu pouvoir trouver ce livre en japonais.. Une prochaine fois!

J’ai « aimé » ce livre, mais pas pour la trame, ou pour les personnages. Un peu pour la philosophie qui en découle, pour les aspect psychologique. Mais ce qui m’a le plus attiré, attaché, c’est l’atmosphère générale. Cette ambiance japonaise, un air triste et mélancolique mêlé à je ne sais quoi de doux et de pensif.. Des phrases entières pour décrire le vent, autour, dedans, de la poésie, et du lyrisme là où il n’y a qu’abstraction!

J’ai pensé, tout en lisant, que si je savais écrire, je ne saurais écrire que de cette manière..

Bref, de si grande résonance personnelle, que je me suis empressée d’emprunter 2 autres livres du même auteur ;)

Découverte à suivre donc!

Extraits :

« J’ai froid! me suis-je écriée. Yuïchi, j’ai froid, j’ai froid, j’ai froid! » Et m’agrippant à son bras, je me suis blottie contre lui. Son pull-over, tout tiède, avait une odeur de feuilles mortes.

« Il fera certainement meilleur du côté d’Izu », a dit Yuïchi, et presque machinalement, de son autre bras il a enserré ma tête.

« Tu reviens quand déjà? » m’a-t-il demandé, en me gardant contre lui. J’ai entendu sa voix vibrer contre sa poitrine.

« Dans quatre jours », ai-je répondu, en m’écartant doucement de lui.

« A ce moment-là, je pense que je serai un peu plus fréquentable. On pourra reprendre nos thés à l’extérieur. » Et il m’a regardée en souriant. « D’accord », ai-je dit, puis je suis sortie de la voiture, et je ai fait au revoir de la main.

Tirons un trait sur ce qui s’est passé de moche aujourd’hui, me suis-je dit en suivant des yeux la voiture qui s’éloignait.

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Une réflexion sur “10. Kitchen de Banana Yoshimoto

  1. Cela me fait plaisir que ça t’ait plu ! =)

    « J’ai pensé, tout en lisant, que si je savais écrire, je ne saurais écrire que de cette manière.. » c’est ce que j’ai pensé aussi, du moins, que j’aimerais écrire de cette manière, ce livre a vraiment « résonné » en moi comme tu dis.

    Du coup je vois que tu en as lu d’autres du même auteur, je vais regarder ça =)

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