13. Le libraire de Sélinonte de Roberto Vecchioni

Livre voyageur de Raison et sentiments

Résumé : (4e de couv’)

Dans la petite ville de Sélinonte, en Sicile, un étrange libraire essaye en vain de faire aimer la lecture aux habitants de le prennent pour le diable. Seul le jeune Nicolino, surnommé « Frullo », aime l’entendre lire à haute voix ses textes préférés.

Agenouillé entre deux piles de livres, le jeune garçon vient en cachette chaque soir à la librairie afin de l’écouter. Mais, quand ce dernier est agressé, toute la ville commence à perdre l’usage de la parole.. […]

  • Mon avis

  • 124 pages, c’est court, me suis-je dis, fana que je suis de romans à rallonge.. Et pourtant, il a suffit de peu à l’auteur pour introduire et un récit complet, un temps du passé, du présent et de l’avenir, et une grosse critique de notre temps moderne. Lier une histoire de gosse qui, payant un de ses oncles, se faufile dans les rues sombres de Sélinonte pour écouter à la sauvette un homme que tout le monde fuit, et un village qui perdrait le sens des mots, je trouve ca fort. La figure du petit, Nicolino, qui incarne-t-il? On entre dans sa peau, on ressent presque sa nouvelle passion pour les mots (encore plus d’actualités pour notre communauté de livrophages)
  • La fin est assez déroutante. Toute une ville qui perd la parole et le sens des mots? Et même le sens des sentiments? Un couple amoureux qui ne sait plus dire sa passion? Étrange. On se perd en essayant de deviner si ce qui est décrit est ce qui va se passer dans notre société ou si c’est ce qui s’est déjà produit? Un peu des deux, pourra-t-on dire. Je prend cette lecture comme une allumette de conscience (malgré la facilité de l’information, toute la nouvelle technologie etc, il faut continuer à lire, à chérir les mots, apprécier les nuances..) et une direction philosophique. Oui, dans certains passages, j’ai cru lire du Hannah Arendt parlant de la perte de la tradition et de la crise de la culture (un jour on ne saura plus car nos géniteurs et ceux d’avant n’auront pas assez transmis ce qu’ils savent). A noté, les trémolos positivistes en toute fin : l’espoir. Mais là encore, c’est flou, et pour l’impact, c’est dommage que le moment salvateur vienne d’un moment quelconque (un jour) et on ne sait pas trop comment, ni pourquoi. En fait, ca viendrait comme ca a commencé.
  • J’ai aimé que rien, les détails, les raisons, ne soient pas explicités. Qui a prit l’initiative de l’incendie? Et pourquoi? Ça fait parti du sens, que les villageois ont perdu, peut-être.. Les envolées lyriques aussi..
  • Savoureux aussi les petits clins d’œil littéraires comme Le joueur de flute de Hamelin, ou les allusions religieuses à des passages de la bible (cf : l’extrait, qui ressemble quand même fortement à Babel, outre sa morale).
  • Par contre, ce fut vraiment navrant de ne pas pouvoir savourer en connaisseur les passages cités par le libraire. C’est toujours plus agréable de savoir de quoi on parle. Mais bon, on est d’autant plus avec Nicolino qui découvre ses mots pour la première fois. (En parlant de ca, j’ai aperçu chez un ami un livre qui est une sorte de devinettes sur les premières phrases d’œuvres… vous connaissez? Je n’ai plus le titre en tête..)

BREF : Ça n’est pas un chef-d’œuvre à se manger les doigts mais que de plaisir pour une si courte lecture! Pourquoi s’en priverait-on? Et si l’envie vous prend, aller voir chez Raison et sentiments!

Dégustation

Nous passons la plus grande partie du temps parmi les ruines. Nous nous étendons entre les fleurs blanches, devant le temple d’Héra, et nous le regardons longuement, en silence : là, avec ses colonnes intactes, pointées vers le ciel comme un défi ou une prière, car les colonnes des hommes n’arrivent jamais là-haut, mais indiquent une direction au regard, et c’est à l’homme de la prolonger jusqu’à un point qu’il ne voit pas et ne touche pas. Peut-être, dans le passé, a-t-il existé une colonne montant jusqu’au ciel, et puis elle s’est brisée, ou quelqu’un l’a brisée.

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2 réflexions sur “13. Le libraire de Sélinonte de Roberto Vecchioni

  1. L’avis de Matilda m’avait déjà tenté, celui-ci en rajoute une couche. Je le lirai un jour… mais pas tout de suite, trop de livres à lire et avec tous les challenges…

    Mon blog personnel, le voici : http://eperdune.cowblog.fr
    Je change très (trop) souvent de blog perso mais celui-ci, je vais essayer de m’y tenir un moment… et tu y trouveras ma liste des 101 choses à faire en 1001 jours ;)

    Mr Nobody, je n’ai pas pu le voir mais j’aurais bien aimé. Minou, c’est ainsi que tout le monde appelle ma grand-mère maternelle. :)

  2. Hum, hum, après avoir lu ton petit commentaire, ce livre me tente bien et je l’ajouterais volontiers à ma liste à lire…
    Mais c’est vrai que le nombre de page peut parfois freiner, surtout lorsque j’achète…
    Comme je lis très vite ! xD

    Ça me fait un peu penser à « La librairie des ombres » (même si je ne l’ai pas encore lu en entier) qui vient de paraitre il n’y a pas très très longtemps. Les italiens et les mots… ♥

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