Anna Karenine – Joe Wright (Keira Knightley, Jude Law, Aaron Johnson…)

Anne-Karenine

2012, 2h11 – Britannique

Je sais bien que ce film est sorti il y a déjà des semaines, mais j’ai pris du retard, comme souvent, me direz-vous. Mais je tenais à vous dire mon avis sur ce film.

L’HISTOIRE : Anna Karenine, mariée étant jeune à l’austère monsieur Karenine, se sent transportée d’amour et de passion dévorante à l’encontre du jeune et flamboyant comte Vronski. N’écoutant que sa folie naissante, elle fait fi aux moeurs et à l’avis de ses amis, et concrétise sa passion avec son amant, malgré les avertissements de son mari. Au second plan du roman et du film, se déroulent discrètement les amours de Kitty Stcherbatski et de Lévine, et de Daria et Stiva Oblonski (ce dernier étant le frère d’Anna, et Levine étant un ami de Stiva).

Je dois vous dire que déjà à l’annonce du tournage, j’étais déjà emballée, et de prime abord conquise. J’ai été séduite – et en même temps déçue – par la distribution des rôles. Effectivement, Keira Knightley allait attirer du monde, et Jude Law autant. Mais pauvre Jude, à qui l’on a exploité sa calvitie naissante pour lui attribuer un rôle de monsieur austère, droit et catholique! Eh oui, le temps des rôles de jeunes premiers lui passent maintenant sous le nez, mais il semble le prendre positivement, si l’on en croit son interview faite par Allociné. « Propice à de nouvelles expériences » dit-il. Et il est vrai que, dans le rôle de Monsieur Karenine, Jude Law était à sa place. Sa tête de « je suis tout étonné », un sourcil légèrement relevé, les lèvres entre-ouvertes allait de bon ton avec le caractère peint par l’écrivain.

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Mais la déception est là quand même, car nous voyons dans le rôle d’Alexis Vronski un parfait inconnu (en tout cas de moi). Et surtout, il faut se rendre à l’évidence que Keira Knightley plait par sa jolie figure et sa taille fine, son caractère qui ressort dans chacun de ses personnages, mais qu’en qualité d’actrice, d’autres la surpassent quand même. Il me faut lui critiquer ceci qu’à chacun de ses rôles, elle ne peut s’empêcher d’user de la parfaitement identique mimique de « c’est-injuste-je-suis-absolument-outrée », et quelle ne sait pleurer que d’une seule manière. Et toi me demanderiez-vous peut-être? OUI, je ne sais pleurer que d’une seule manière, mais je ne gagne pas des millions pour faire rêver des millions de gens! Que ce soit dans « Orgueil et préjugés » ou « reviens-moi », « never let me go » ou « a dangerous method », vous la verrez faire des mimiques similaires (on peut excepter « Last night » où je trouve qu’elle était vraiment à part, en combinaison avec Eva Mendès…). Certes, c’est surement pour ses mimiques qu’elle est demandée sur ce genre de films, mais par comparaison, Audrey Tautou arrive à incarner des personnages dans des registres totalement différents (rappelons-nous l’inoubliable « fabuleux destin d’Amélie Poulain » ou son mini-rôle dans « L’auberge espagnole » et « Les poupées russes »,  « Ensemble c’est tout », « la délicatesse » et son dernier personnage de Thérèse Desqueyroux dans le film éponyme). Ne parlons pas de Marion Cotillard, qui arrive à nous faire « Taxi », « La môme », « Inception » et « De rouille et d’os » dans la même vie? (Efforçons-nous d’oublier sa mort ridiculement atroce dans le dernier Batman?)…

Revenons à nos moutons, et comparons maintenant ce film avec l’oeuvre littéraire dont il a été adapté : il faut déjà souligner la volonté de Joe Wright de casser la traditionnelle manière de filmer.

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Il a voulu moderniser ce roman russe emblématique en choisissant de réaliser ce film dans un théâtre et non à Moscou même. Alors, le spectateur pourra être étonné par les scènes où l’on voit distinctement les décors glisser en arrière-plan, ou encore quand on voit passer les personnages d’une pièce fermée à une scène de patin à glace, passant simplement par une porte, ou quand la gare parait s’introduire dans le théâtre même! Mais il a bien réussi à garder les caractéristiques des personnages avec toutes leurs ambiguïtés. Par exemple, Anna doit restée jusqu’à la fin complexe, entre son total désir de Vronski, sans égard à son statut social, donc paraître détestable aux vues des moeurs catholiques, mais en même temps aimable pour le spectateur qui doit la sentir faible et désemparée. Tolstoï a voulu peindre les différents amours possibles dans le coeur des hommes et leurs affections, comme la passion, la jalousie, la fidélité comme l’infidélité, la solitude, la détresse et la mort.

Avez-vous eu l’occasion de visionner la version française d’Anna Karenine, avec Sophie Marceau dans le rôle titre? Ce fut mon premier vrai film vu au cinéma (je devais avoir 12 ans et quelques scènes m’ont tellement choquées qu’elles restent gravées dans ma mémoire). En comparaison, on peut certes dire que la version française garde une certaine tenue d’ensemble, avec des scènes dans des endroits bien différenciés, et sans avoir des personnages qui tournoient dans tous les sens, mais après coup, je préfère la version de Joe Wright, pas seulement pour sa fraîcheur mais également pour l’ambiance qui en découle, quelque chose de saccadé, je trouve que la détresse d’Anna n’en ressort que mieux. Je vous avouerai que je n’ai pas eu encore la chance de visionner la version encore plus ancienne, menée par Greta Garbo, mais je me demande si une version si ancienne me plairait quand même (filmée en 1928 et 1935). Mais les 3 Anna côte à côte, c’est une image tout à fait magnifique.

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A bientôt les amis!

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