La dernière leçon (Tuesdays with Morrie) – Mitch Albom

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Aujourd’hui, parlons bouquin : )

La dernière leçon, écrit en 1997 par Mitch Albom (auteur américain, né en 1959), est un roman d’autofiction (ou ce qu’on peut appeler un roman personnel). En effet, on voit tout de suite que ce roman ne raconte pas quelque chose d’entièrement fictionnelle : l’auteur est aussi le narrateur et également un des personnages principaux du livre. Je me suis demandée quelle était la différence entre le roman d’autofiction et l’autobiographie, et en fouinant un peu et comparant les pages wiki, on peut voir que l’autobiographie a la caractéristique obligatoire d’être un récit rétrospectif, alors que souvent l’autofiction est écrit peu de temps après les faits, ou même pendant les faits, et puis il y a l’absence du mot « autobiographie » qui fait qu’il n’y a pas de pacte autobiographique entre l’auteur et le lecteur. En effet, l’autobiographie commence souvent par une promesse de sincérité et de transparence, qui est appelé pacte d’autobiographie. Alors quelle est maintenant la différence entre l’autofiction et le journal intime? Tout simplement le fait qu’il n’y a pas de dates quotidiennes.

Je ne pense pas que l’auteur est véritablement romancé son livre, car beaucoup de scènes sentent la réalité plutôt que la fiction, mais dans l’écriture, les flashbacks sur le passé, les souvenirs présents nous rappellent que nous sommes dans un livre.

De quoi parle ce livre? « Comment un vieil homme m’a redonné le goût de vivre? » peut-on lire sur la couverture. On sait donc tout de suite qu’il s’agit d’une autofiction, et que les deux personnages principaux seront l’auteur-narrateur et ce vieil homme en question.

C’est lorsque Mitch voit à la télé sur Nightline une émission sur Morrie Schwartz qu’il se rappelle soudain son adolescence, ses cours de sociologie avec ce monsieur vieux maintenant de 78 ans. Morrie est atteint de la maladie de Charcot, une maladie dégénérative qui paralyse peu à peu les muscles du corps, jusqu’à atteindre les poumons. C’est une sorte d’interview de la maladie, vue de l’intérieur. Mitch se souvient aussi la promesse qu’il avait faite à Morrie, le jour de la remise des diplômes, de rester en contact avec lui, chose qu’il n’avait pas respecté. La difficulté de trouver du travail, puis enfin, la renommée en tant que journaliste sportif, l’amour, la famille, pleins d’occasions d’oublier cette frêle promesse.

C’est un mardi qu’il décide d’aller rendre visite à son professeur, dans le Massachusetts, tout d’abord pour atténuer sa culpabilité de l’avoir oublier. Puis, suite à une grève des journalistes touchant aussi sa boite, il décide de rencontrer son professeur tous les mardis, « leur jour », pour le dernier cours de Morrie, sur la vie et la mort, sur le pardon, sur l’amour, sur l’acceptation. Au cours de chaque entretien avec son professeur, Mitch a enregistré leur conversation, et, dans l’espoir de pouvoir soulager la famille de Morrie des frais de médicaments et de soins personnels des assistants, Mitch a alors le projet d’en faire un livre et de le faire éditer. C’est ici le résultat de ses efforts, en même temps qu’un hommage à cet homme qui a marqué sa vie, et qui marquera peut-être aussi la notre. Ce livre rassemble 14 mardis avec Morrie, entremêlés de bribes de cours de Schwartz à l’époque de l’adolescence de Mitch.

C’est un livre vrai, qui sonne dans notre coeur à sa lecture. Morrie parle à Mitch mais aussi à nous, c’est un cours sur comment soulager sa vie de toutes les peines qu’on peut endurer. C’est vrai que quand quelqu’un qui souffre plus que nous et qui endure une telle maladie dans sa phase terminale nous parle de nos soucis, ces derniers nous paraissent ridiculement minuscules, mais le but de Morrie n’est pas de comparer notre douleur à la sienne, mais plutôt de nous donner l’outil pour affronter toutes les douleurs. Comme il le dit lui-même dans un passage, son voeu est que sa mort soit une leçon de vie pour qui le lit. Je l’ai senti très proche de moi, et très apaisant, et cette lecture m’a donné beaucoup à réfléchir sur le sens de la vie. Je me dis que parfois il faudrait que je relise certains passages, pour me les remettre en mémoire, parce que la vie quotidienne et son lot de stress et de choses à faire en temps et heures font que souvent, l’être humain est amené à oublier ce qui est vraiment important.

Mitch Albom a écrit par la suite plusieurs romans (Les Cinq personnes que j’ai rencontrées là-hautPour un jour de plus), mais ils sonnent tous dans la même finalité que La dernière leçon, quelque chose sur la relation entre la vie et la mort, le regret, le pardon… Peut-être que je les lirai un jour, mais cette auto-fiction, parce qu’elle est tirée de la réalité me plaira surement le plus.

Je vous laisse avec quelques extraits qui m’ont touchés

As-tu trouvé quelqu’un à aimer? me demande-t-il. Donnes-tu de ton temps aux autres? Es-tu en paix avec toi-même? Est-ce que tu essaie d’être aussi humain que possible? (p.49)

Mourir, dit soudain Morrie, c’est triste bien sûr, Mitch. Mais vivre en étant malheureux c’est encore pire. […] notre culture n’aide pas les gens à avoir une bonne opinion d’eux-mêmes […] je suis peut-être mourant, mais je suis entouré de gens qui m’aiment et qui font attention à moi. Combien peuvent en dire autant? (p.50)

Savoir distinguer ce qu’on attend de moi et ce que je veux pour moi-même (p.54)

Pourquoi passons-nous notre temps à nous distraire de l’essentiel? […] Tant de gens vont et viennent dans une vie dénuée de sens. On dirait qu’ils sont à moitié endormis, même quand ils sont très occupés à faire ce qui leur parait important. Sans doute se trompent-ils dans la poursuite de leurs objectifs… Ce qui donne un sens à la vie, n’est-ce pas de se consacrer à l’amour des autres, de ceux qui vous entourent, et de créer quelque chose qui donne un but et un sens à l’existence? (p.58)

Quelques fois on ne peut pas croire ce que l’on voit, il faut croire ce qu’on sent. Et si vous voulez que d’autres aient confiance en vous, vous devez sentir que vous pouvez leur faire confiance aussi. Même si vous êtes dans le noir. Même si vous tombez (p.76)

Nous avons tous besoin de professeurs dans nos vies (p.80)

(Citation de Henry Adams déclamé par Morrie :) Celui qui enseigne touche l’éternité et ne sait jamais où s’arrête son influence (p.95)

Sans l’amour, nous sommes des oiseaux aux ailes brisées (p.108)

 

PS : c’est « drôle » de noter que un autre livre avec exactement le même titre a été écrit par Noëlle Châtelet, sur les 3 derniers mois de sa mère qui va se suicider…

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Une réflexion sur “La dernière leçon (Tuesdays with Morrie) – Mitch Albom

  1. Dès le début on est absorbé par ce cours. J’ai personnellement eu l’impression de me voir dans plusieurs passages. La réflexion et l’émotion sont très intenses dans chaque lignes, et on se prend vite d’affection pour Morrie.
    Si vous ne l’avez pas encore lu, foncez sans hésiter.

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