Gatsby le Magnifique – F. Scott Fitzgerald

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Ce roman phare américain surplombe de sa notoriété quelques siècles de littérature. Mouef, je n’étais pas convaincue, et j’avoue m’être laisser à le lire juste pour préparer la venue du film réalisé par Baz Luhrmann sortant cette année.

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Et bah : j’ai adoré.

Publié en 1925, ce roman se place dans les Amériques des années 20, à New York, plus précisément dans la petite ville de Long Island. S’y trouve deux côtes West Egg et East Egg se faisant face, permettant aux coeurs voyeurs de s’adonner à leur passion.

Le narrateur, Nick Carraway, petit provencial, part à la conquête de la grande capitale pour se lancer dans la finance, et par un heureux hasard, se retrouve loueur d’une petite bicoque charmante avec pelouse et belle vue, juste à côté d’une somptueuse demeure. Il retrouve dans la même petite ville sa cousine germaine, Daisy, et Tom Buchanan, un camarade de Yale. Se greffe à l’histoire une Jordan, une Myrtle.

A la suite de détours et de rencontres, arrive enfin la rencontre tant attendu du héros éponyme, Gatsby, qui se trouve être le voisin direct de Nick.

Soirées bruyantes, embuées et enfumées, dansantes, chantantes et parfois ennuyantes, voici le quotidien de ce jeune homme mystérieux dont tout le monde parle sans rien en connaître.

C’est l’histoire d’un été, de la folie d’une chaleur, de la folie d’un amour, de la jalousie.

Je trouve que le roman tourne autour de la première question de savoir en quoi Gatsby est magnifique. Ensuite, je trouve ça fascinant comme un titre de livre à nom propre fait que l’attention s’agglutine sur le héros éponyme et délaisse inconsciemment les autres personnages. Au début de ma lecture, je n’avais que faire des descriptions de Nick, je désirais, langue pendante, l’apparition de Gatsby, le fameux! L’unique! Mais où est-il? Mais qui est-il? Mais à quoi pense-t-il?

Finalement, Fitzgerald a su nous happé dans le roman par cette figure peu présente de Gatsby, pour enfin se permettre de dérouler sous nos yeux conquis la réelle profondeur de cette histoire, car c’est une histoire, avec un début, un milieu, des péripéties et une fin, un témoin bavard, des heureux et des moins heureux.

Je ne saurais pas vous décrire en quoi, mais il y a une sorte d’atmosphère vieillotte, qui nous rappelle au passé, à la poussière. Le dernier passage, en plein été, nous donne vraiment chaud, on sue avec les personnages.

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Maintenant, je peux reconnaître la qualité de ce chef d’oeuvre américain, ce Fitzgerald auquel on prêtait tant de mérites m’a fait passé un vrai bon moment de lecture, avec un vrai roman, une vrai intrigue.

Dans la fin de mon édition, on y trouve quelques lettres de l’auteur échangées avec son éditeur Maxwell Perkins et celà nous éclaire sur le travail de détail et de précision qui se fait avant une édition. On y lit nettement le sérieux de Fitzgerald, son attention sur chacun des détails.

Je me souviens encore des quelques lignes qui lient Nick à Gatsby, le sourire en coin, le sentiment de compréhension entre les deux hommes créé en une seconde. Et j’ai hâte de voir le jeu de Di Caprio sur les lignes que je garde en mémoire!

9/10 ♥♥♥

Place aux extraits :)

Seconde préface pour la réédition de 1934, par Fitzgerald : Qu’un homme prenne la responsabilité d’écrire un roman, sans avoir une attitude précise et résolue face à l’existence, est pour moi une énigme. Qu’un critique prétende analyser en quelques heures une vision particulière qui englobe douze points de vue différents d’une réalité sociale me fait penser au passage terrifiant d’un dinosaure dans la solitude désertique d’un jeune écrivain.

Pour rester au plus près de ce livre, une femme, manifestement incapable d’écrire en anglais une lettre cohérente, a dit que l’ouvrir, ou pousser la porte du cinéma du coin, revenait à peu près au même. Beaucoup d’écrivains débutants sont accueillis par ce genre de critique, alors qu’ils espéraient un jugement de valeur concernant l’univers d’imagination dans lequel ils (les écrivains) ont tenté, avec plus ou moins de bonheur, de survivre […] je viens d’être vertement étrillé par la critique, sous prétexte que le matériau que j’ai utilisé ne permet plus aucun rapport entre personnes adultes dans un monde d’adultes. Mais, Grands Dieux! ce matériau est le mien, et c’est le seul dont je dispose! (p.12)

Il me parla longuement du passé. J’ai eu le sentiment qu’il était en quête de quelque chose, une idée de lui-même peut-être, qui s’était égarée lorsqu’il avait aimé Daisy. Du jour où il l’avait aimé, sa vie n’avait plus été que désordre et confusion (p.129)

Le visage clair de Daisy se levait lentement vers lui, et il sentait son coeur battre de plus en plus vite. Il savait qu’au moment  où il embrasserait cette jeune fille, au moment où ses rêves sublimes épouseraient ce souffle fragile, son esprit perdrait à jamais l’agilité miraculeuse de l’esprit de Dieu. Il avait alors attendu, écouté encore un moment la vibration du diapason qui venait de heurter une étoile, puis il l’avait embrassée, et à l’instant précis où ses lèvres touchaient les siennes, il avait senti qu’elle s’épanouissait comme une fleur à son contact, et l’incarnation s’était achevée (p.129).

Gatsby se tourna vers moi. Il était comme paralysé.

– Impossible de m’expliquer avec lui dans sa propre maison, cher vieux.

– La voix même de Daisy y est différente, en effet. Une voix impudique, arrogante. Elle semble pleine…

Je cherchais le mot juste.

– Elle a une voix pleine d’argent, dit-il soudain (p.138)

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2 réflexions sur “Gatsby le Magnifique – F. Scott Fitzgerald

  1. J’ai vu le film hier, je n’y ai pas accroché. Tu parles de péripéties, mais il y en a peu à mon avis. En revanche totalement d’accord sur l’attente créée par le titre. Dans le film aussi, on attend relativement longtemps pour que Gatsby entre en scène, et cette perspective nous allèche un maximum.
    Je pense que l’histoire, assez contemplative, convienne mieux à un livre qu’à un film.

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