Le majordome (The butler) – Lee Daniels (Forest Whitaker, Oprah Winfrey, David Oyelowo, Lenny Kravitz …)

MAJORDOME

11 septembre 2013, 2h10 – Américain

L’HISTOIRE : Cecil Gaines, un jeune afro-américain, est victime de ségrégation brutale et mortelle, tout comme tous les autres de son ethnie. En 1926, il fuit une ferme de coton après avoir été témoin du viol de sa mère et l’assassinat de son père, autorisé. Tuer un noir était commun, pardonné, puisque les noirs n’avaient aucun droit, au même rang que les animaux. Dans ce monde, réel, d’injustice, d’intolérance, de violence, d’animosité, Cecil fonde une famille et trouve sa place comme majordome à la Maison Blanche. Durant 7 générations de présidents, il sera la sourde révolution du Noir parmi les Blancs, à l’instar de son fils, qui fera partie de la partie visible de cette révolte de l’humain.

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APPRÉCIATION : Ce film se veut éducatif sur les grands moments historiques (économiques, politiques et moraux) qui ont chamboulés les Etats-Unis, et c’est dans son souci d’historicité que l’on retrouve un Lee Daniels tout en retenu sur la violence qui domine dans la plupart de ses films. On retrouve également le monde et l’ambiance des afro-américains, comme dans son précédent film Precious.

Ce film est tout en coupure : le monde des noirs VS le monde des blancs, le monde des roturiers VS le monde des politiques, le père VS le fils, la violence VS la ténacité du sentiment d’injustice contre quoi vont se battre les Gaines… et pourtant, ce qui est génial, c’est que ça n’en fait pas un film simplement manichéen. Il n’y a pas le Bien contre le Mal, il y a des hommes face à d’autres hommes, avec comme intermédiaire un mal-être, une souffrance, une inquiétude sourde = une peur. Peur de cette nouvelle communauté qui grandit et qui essaye de prendre son autonomie, mais également peur de mourir et peur de perdre sa dignité.

Il y a beaucoup d’émotion durant tout le film (un peu long parfois, mais jamais vraiment ennuyant). De voir ce qui se passe dans chacun des camps nous fait voir la réalité autrement, et la mort par exemple de Kennedy ou de Martin Luther King nous apparaissent plus dans leur horreur. L’idée est bonne d’avoir intégré des photos réelles, ce qui nous ancre encore plus dans le réalisme. C’est ce qui nous fait nous poser la question de savoir où nous nous situons nous-même dans cette histoire contre l’injustice. Contre le jugement de l’autre.

Cette émotion passe aussi par le jeu des acteurs : sublime. Forest Whitaker est juste parfait dans ce rôle sobre mais vibrant, il est grand et quand même assez imposant, et pourtant il arrive à faire sien la devise du majordome : rester invisible dans la salle. On voit le contraste entre les moments où il est au travail et quand il rentre chez lui (il retrouve un peu plus de pouvoir et d’autorité), mais il garde ce fond d’honnêteté, de sourde gentillesse.

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Les seconds rôles sont également bien tenus : Oprah Winfrey m’a surprise dans son rôle de femme simple mais juste, vivant pleinement avec ses émotions. Mais si on regarde la carrière de cette femme de plus près, on peut lire qu’elle a même été nominée aux Oscars dans le film de Spielberg La couleur pourpre! Si l’on continue dans les apparitions étonnantes, notons Mariah Carey (rapide), mais surtout Lenny Kravitz (qui joue d’ailleurs très bien).

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Dans les présidents également, on ne retrouve que du gratin : James Marsden dans le rôle de Kennedy (Scott Summers dans X-Men ou encore Kevin dans 27 robes), Alan Rickman pour incarner Reagan (le super professeur Severus Rogue dans Harry Popopopotter), Liev Schreiber pour le président Johnson (Victor Creed dans X-Men les origines – Wolverine), Robin William (youhou) dans le rôle de Eisenhower (Will HUnting, Jumanji, Madame Doubtfire, Le cercle des poètes disparus, Good morning Vietnam… doit-on encore le présenter?) et John Cusack pour NIxon (Paperboy, réalisé par Lee Daniels, Dans la peau de John Malkovich mais surtout mémorable dans Max).

Des gens talentueux + une histoire d’injustice sur un fond d’histoire de famille + un peu de guerre + un chouia de politique + des scènes historiques = un EXCELLENT film à ne pas rater.

9/10

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