Madame Solario – René Féret (Marie Féret, Cyril Descours…)

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22 août 2012, 1h33 – français

J’avais loupé ce film à sa sortie, et je me suis rattrapée quand il est passé sur le petit écran. Mais je me demande si finalement j’avais vraiment raté quelque chose. Généralement, les gens n’ont pas forcément envie de dépenser des sous pour aller voir un cinéma un film qui les bottent moyen.

A sa sortie, l’impression romanesque de l’affiche m’avait donnée très envie de le voir, et je pense que j’étais dans ma période film calme et à première impression ennuyante. Et puis, une carte à accès illimitée fait que le prix n’est plus une barrière, ce qui permet d’aller voir des films qui semblent plutôt pas trop mal, ou des films qui nous intéresse moyennement.

L’HISTOIRE : 1906. Madame Natalia Solario est veuve et ruinée, mais passe néanmoins ses vacances (printemps? automne?) au lac de Côme, dans un luxueux hôtel où les aristocrates se retrouvent.

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Elle y rencontre par hasard son frère Eugène Harden, qui avait été expulsé à l’étranger par la famille. Eugène, encore plus dépouillé que sa sœur, vient tout d’abord quémander des sous auprès de Nelly-Natalia, avant qu’une idée géniale germe dans son esprit.

MES IMPRESSIONS : Le rythme de ce film est très lent, et après la présentation des quelques personnages de l’hôtel,on en vient à se questionner sur le lien qui les unie, à part le lien géographique. Le narrateur semble être au début Bernard Middelton, un jeune homme anglais venu passé quelques semaines en France avant de retourner en Grande-Bretagne. Ce jeune, faisant la connaissance des aristocrates du lac, rencontre au détour d’une promenade Madame Solario, et est immédiatement attiré par ce qu’elle dégage de beauté, de sérénité… et de tristesse.

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Puis, quand Eugène débarque, le narrateur change, et l’histoire ne tourne plus qu’autour de Nelly et Eugène.

Et à un moment donné, le ton change : il devient chargé de désir. Ça devient du charnel, ça devient malsain. Cette atmosphère grossit, grossit, et éclate en un coup de feu.

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Juste à la fin du film, on hésite encore à se dire que ce film est nul. Mais quand même, la question de l’inceste, la perversité ou doit-on dire l’ingéniosité mauvaise de Eugène est intrigante.

En fait, ce film est l’adaptation du roman éponyme, écrit par Gladys Huntington (1956).

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En analysant sa biographie après-coup (elle s’est suicidée après la parution de son livre, sans terminer celui qu’elle avait mis en route), on dénote quelque chose de cette tristesse dans le personnage principale de Nelly. L’impuissance d’être une femme – impuissance de Nelly qui ne peut être que la femme de – impuissance de Gladys qui ne peut signer son oeuvre de son nom parce que c’est une femme. Puis la mort qui rode, que ce soit dans la vie de l’auteure ou dans la vie de Nelly.

On pourrait aussi par exemple analyser le thème de la porte : porte qui sépare le frère de la sœur, mais aussi ce qui sépare le couple frère/sœur avec le monde extérieur. Porte qui finalement était trop présente pour Huntington, et qui la séparait de l’espoir, de la légèreté de vivre.

Notez quand même que Marie Féret, l’actrice principale est la fille du réalisateur : il n’y avait pas meilleure candidate pour le rôle selon les producteurs. Même si du coup, elle a été favorisée, j’ai trouvé son jeu correct, et on apprend à aimer sa peau laiteuse.

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Au final, je n’ai pas désaimé ce film, dans le sens où les notions qu’il soulève sont intéressantes, et que l’on pourrait creuser encore plus dans al personnalité de Huntington à travers cette oeuvre. Il a bien suivi le changement de narration, et je trouve que la mise en place des atmosphères était bien faite.

Dans ce que ce film nous donne, je dirai qu’il me fait penser au Liaisons Dangereuses (de Laclos – le livre, de Stephen Frears – le film) en plus soft et sans inceste.

Bref, si vous n’aimez pas les films lents, passez votre chemin. Si vous aimez comme moi disséquer les films, alors vous aurez matière à vous amuser!

3/10

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