La dame à la licorne – Tracy Chevalier

couverture

Tracy Chevalier est américaine, est née en 1962 à Washington et s’est spécialisée dans les romans historiques. La Dame à la Licorne est paru en 2003, 4 ans après son autre roman célèbre : La jeune fille à la perle.

Dans ce roman, à part l’époque, qu’est-ce qui peut être historique? Et bien, après quelques petites recherches, il s’avère que les tapisseries de la dame à la licorne existe réellement (on peut les admirer au musée du Moyen-âge, métro Cluny, à Paris). Ce qui a passionné les historiens est que le commanditaire des tapisseries resteraient un mystère (chacun avec leur candidat). Et les mystères, les auteurs aiment ça! Barjavel s’en ai inspiré pour Les dames à la Licorne, Haenel pour A mon seul désir. Ces tapisseries reviennent dans Harry Potter le film, où les voit exposées dans la tour des Gryffondor, où encore dans Gundam Unicorn, un manga japonais.

L’INTRIGUE : Dans le quartier de Saint-Germain des Prés, en 1490, Jean Le Viste fait quémander le peintre Nicolas des Innocents pour qu’il ébauche des tapisseries pour orner son grand salon. Alors que Nicolas est plutôt un as dans les petits portraits de dames, on lui propose de faire de grandes tapisseries, racontant la guerre. Bien sûr, l’argent est une grande motivation, et Le Viste n’est pas du genre à encaisser un refus, mais c’est surtout sa rencontre avec la fille de Jean, Claude, qui va arracher le consentement de Nicolas pour cette tâche. Mais qu’à Claude de si exceptionnel?

MON AVIS : Je me suis lancée les yeux fermés dans ce roman, puisque ayant adoré La jeune fille à la perle, je n’avais aucune crainte. Bien mal m’en a prit! J’ai finalement bien aimé ce roman, mais comme je n’étais pas prévenu du versant sexuel de l’affaire, j’ai eu tout d’abord un gros choc!

Figurez-vous! Nous sommes en 1490, et le personnage principal s’appelle Nicolas des Innocents, et au bout de 5 pages, on apprend qu’il a déjà engrossé une servante, et au bout de 15, on nous sert du « je deviens tout dur »???

En fait, Chevalier est une romancière historique, mais elle remet au goût du jour les histoires qu’elle nous raconte.

Une fois le décalage entre le langage cru et l’époque fut surmonté (et ne croyons pas qu’à cette époque, la populace n’était pas moins cru que nous le sommes aujourd’hui), on arrive à rentrer dans l’histoire. Et plus on avance, et moins on tique à la narration de Nicolas.

Et puis, la narration passe de voix en voix, et au final, on se retrouve dans la tête de chacun des personnages principaux. Le ton change, le phrasé, et surtout les préoccupations. Mais du coup, avec ce rythme changeant, nous nous ennuyons jamais.

Au début, on se dit que l’intrigue ne tourne qu’autour de ses tapisseries, qui changent de thèmes. Mais en fait, c’est bien le caractère de Nicolas, et les tapisseries prenant chacune un sens, qui sont en jeu.

L’histoire de la Licorne qui a une corne magique et qui purifie toutes les eaux dans laquelle elle est trempée est d’abord une histoire érotique pour attirer les jeunes filles. Puis, la Licorne devient le centre des tapisseries : c’est la chasse à la Licorne. Ensuite, alors qu’au départ, c’était la pure victoire de la Licorne, dans les tapisseries, la Licorne se fait en quelque sorte dompter par la dame. On change donc de position : avant, c’était la volonté de la Licorne, et maintenant, c’est la Dame qui décide du sort de cette Licorne. Et à la fin, c’est plutôt la punition de la Licorne (le sort de Nicolas et de Claude).

L’auteur a réussi à me faire m’attacher à Claude mais surtout à Aliénor, la fille du tissier belge chez qui Nicolas ira pour réaliser ses tapisseries.  Cette fille qui a une vie bien compliqué va connaître un semi bonheur, alors que le destin de Nicolas se perd dans la tristesse.

La morale de Chevalier est-elle qu’il ne faut pas calculer en amour et qu’il faut laisser faire la vie? Ou que moralement, la vie nous punit un jour pour le mal qu’on a fait?

Bref, la description de l’époque (habit, métier, ambiance, différence entre populace et nobles), l’intrigue grandissante, le côté moral, tout m’a plu dans ce roman.

7/10

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